Le prix de la vanille de Madagascar est au cœur des discussions tous les ans. C’est le cas sur le plan international que national. La grogne augmente auprès des producteurs qui souhaitent voir leur revenu augmenter. Et, les autorités en place assurent faire tout leur possible pour négocier les meilleurs prix à l’exportation. Mais, il semblerait que ce ne soit que de la poudre aux yeux. 

80 euros le kilo pour la saison 2023

Des promesses avaient été faites par le chef de la République Andry Nirina Rajoelina. Les autorités devaient mettre en place un seuil de prix de vente à ne pas dépasser pour la saison de la vanille de Madagascar 2023. C’était le projet « prix plancher de 250 dollars ». Mais, cela n’a pas porté ses fruits. 

Après de longs mois de négociation avec les exportateurs, Madagascar a dû céder du terrain. Le kilo s’est finalement vendu à 80 euros le kilo. Une déception pour les producteurs, et ce, à double tranchant. Pour cause, non seulement, ils n’ont pas gagné autant d’argent que prévu. Mais, en plus, la révision du prix plancher arrive bien trop tard. Les autres pays concurrents avaient déjà été occupés sur le marché. Aussi, le nombre de stocks restant était de plusieurs tonnes. Une situation qui s’est traduite par une chute importante du prix du kilo au niveau local. 

Des prévisions qui ne rassurent pas les producteurs

Et, les producteurs ne sont pas au bout de leur peine. Les prévisions ne sont pas rassurantes. En 2024, les analystes prévoient un départ à 65 euros le kilo environ. À chacun son explication. 

Les autorités parlent de la présence d’un trop gros stock de vanille. En plus de la production de la saison 2024, il y a les restes de l’année 2023. De quoi inciter à une chute des tarifs internationaux. Mais, le rapport n’est pas toujours valable selon des experts. Tout dépend du comportement d’acheteurs internationaux. Une surproduction peut facilement être écoulée et à bon prix avec une bonne négociation. Encore faudrait-il que les autorités malgaches s’y prennent à l’avance. 

De toute manière, il n’y a aucun rapport exact de cette surproduction dont on parle actuellement. Il se pourrait que les producteurs aient pu écouler leur stock sur le marché national. Il reste encore beaucoup d’imprévu et d’inconnu. 

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La chute du prix de la vanille de Madagascar : le résultat de plusieurs années de laisser-aller

Selon certains traders, la chute du prix de la vanille de Madagascar n’est pas un hasard. C’est simplement le fruit d’un laisser-aller des autorités locales. Ceci empêche les producteurs de profiter du prix réel sur le marché international. 

Certains experts parlent d’un accord international qui vise à faire chuter le prix du bourbon. Celui-ci sera racheté par une société canadienne qui propose des tarifs bas, inférieurs à ceux pratiqués réellement sur le marché. Chose qu’autoriseraient les autorités malgaches. 

Et, d’ailleurs, le bourbon de Madagascar ne serait pas le seul concerné. Ce serait aussi le cas de plusieurs vanilles venant d’autres pays concernés. 

De nouvelles normes qui risquent aussi de changer la donne

Par ailleurs, de nouvelles normes de qualité peuvent changer la donne. La vanille de Madagascar fait partie des meilleures au monde. Mais, la Commission européenne exige une réduction du taux de LMR dans les produits. Au cours de la saison 2023, les producteurs malgaches n’auraient pas respecté les normes en vigueur. Dans 60 % de la production, le taux de nicotine était détectable. 

À cela s’ajoutent les exigences du label bio. Les gousses de vanille doivent respecter le sol et la nature, ne contenir aucun pesticide et être produites naturellement. De quoi compliquer la tâche des producteurs qui peuvent ne pas être payés à leurs attentes.